Dormir en Suède, c'est pas facile facile...
Déjà, parceque Magnus, le suédois qui partageait ma chambre dans le train se lève a 6 heures. Bon, à sa décharge, ce n'est pas ça qui m'a fait passé une mauvaise nuit. La qualité du matelas ainsi
que ma constante incapacité à trouver une position confortable (et qui ne me ferait pas tomber deux mètres plus bas), ça oui. En gros, je crois que je ne me suis jamais autant réveillé pendant une
nuit.
Le vrai problème, c'est que tous les suédois sont comme Magnus. Les enfants de ma propriétaire aussi se lèvent à 6 heures, et ce même pendant les vacances et les week-ends. C'est assez incroyable
étant donné qu'ils ont 11 et 13 ans. Du coup, ça fait un peu de bordel tôt le matin.
Ensuite, il n'y a pas de volets dans les appartements des suédois. En guise de volets, il y a des stores vénitiens. C'est bien joli, mais ça n'empêche pas qu'il fasse plein jour à 7 heures
(heureusement l'hiver arrive !! haha...). D'ailleurs, c'est peut-être pour cette raison que les suédois se lèvent tôt.
Alors comment font-ils pour tenir ? Bah c'est simple, ils se couchent tôt (vers 21h30 ou 22h chez moi). Mais bon, ça ne sera pas mon cas.
Du coup, même après avoir passé quatre journées très fatigantes, à dormir peu, à marcher beaucoup, et à pédaler encore plus, j'ai eu du mal à effectuer une bonne nuit de neuf heures de sommeil hier
soir.
Les vélos en Suède, c'est très (très très très) cher !
Depuis que j'ai emménagé dans ma chambre, j'ai vite compris quelque chose d'essentiel : il me
faut un vélo. J'étais encore plus sûr de moi le lendemain quand il m'a fallu environ 45 minutes pour aller de chez moi à un bâtiment de l'université, situé à 5km.
Lund est une ville très agréable à parcourir en vélo : elle regorge de pistes cyclables offrant de bons raccourcis, et la plupart des trottoirs sont très larges, du coup on peut facilement y
circuler en vélo, et on n'est que rarement sur la route.
Je pars donc à la recherche de bons plans pour trouver un vélo pendant mon séjour. En me baladant, je tombe par hasard sur un vendeur de vélos d'occasions. Je regarde un peu, mais je n'achète rien
quand je vois que des vélos rouillés avec une selle à moitié déchirée sont vendus pour 600 couronnes (soit environ 60€), et qu'il faut compter 900 couronnes (je vous laisse faire la conversion),
pour un vélo qui semble en à peu près bon état.
Au magasin suivant, c'est pareil. Les vélos sont dans un état plus ou moins douteux, et coûtent à peu près le même prix.
Finalement, j'entend parler d'un magasin de vélo qui permet aux étudiants étrangers d'acheter un vélo d'occasion, puis de le revendre à moitié prix au bout de six mois. Je vais donc me renseigner,
et regarde les vélos. Ils sont pour la plupart en bon état, mais forcément le prix s'en ressent : au minimum 1400 couronnes. A l'intérieur, je regarde par curiosité le prix des vélos neufs. Le
premier vélo qui attire mon attention est un simple vélo de ville, 3 vitesses, vraiment rien d'extraordinaire. 7300 couronnes. OK.
A près avoir écumé les différents magasins de la ville à la recherche d'une bonne affaire, l'office du tourisme m'indique qu'il y aura ce jeudi une vente aux enchères de vélo. Par contre, ce sont
des vélos abandonnés. Il y en a une centaine, pour environ dix fois plus d'acheteurs potentiels.
Ayant absolument besoin d'un vélo avant ce jeudi soir (pour aller à une soirée à 3km de chez moi), je préfère repasser au magasin, plutôt que de risquer de ne pas avoir de vélo, ou devoir payer une
épave à un prix exorbitant.
Au final, je trouve un bon vélo pour 1500 couronnes, qui me sera racheté 750 couronnes lors de mon départ. Bien sûr on me fait prendre un anti-vol avec, car il paraît que les vélos sont une
marchandise appréciée et recherchée. Je crois comprendre pourquoi !
Les guildes de l'université
Au sein de l'université, il existe des "guildes". En gros une guilde est un rassemblement d'étudiants qui sont dans le même domaine. Les guildes ont des traditions assez complexes, et sont
apparemment en compétition. Chaque membre peut afficher les couleurs de sa guilde en se vétissant d'une magnifique combinaison de mécano aux couleurs de sa guilde. Comme par hasard, pour
l'informatique, c'est le rose... De plus, ils ont une espèce de béret de marin, et il y a une codification très précise autour de celui-ci.
Autour d'une corde qui sort du béret, on peut enfiler des anneaux aux couleurs de sa guilde, qui indiquent le nombre d'années effectuées à l'université. Et grâce à ses anneaux, on peut envoyer des
dizaines de messages différents, un peu comme avec les bracelets de couleur récupérés dans certaines soirées. Par exemple, si on rajoute un dernier anneau d'une couleur différente au dessus des
autres, ça veut dire qu'on est désespéré. Si on porte la corde du béret sur sa droite, cela envoie un message complètement différent que si elle est à gauche. En gros, il faut faire attention au
moindre détail de son béret, sous peine d'envoyer le message "Je suis un travelo et je recherche deux mecs pour ce soir", ce qui n'est pas forcément souhaitable.
La vie étudiante à Lund
Contrairement à la France, où nos écoles et universités disposent d'une seule AE organisant tout plein d'événements divers et variés, à Lund il y en a
plusieurs. Chaque AE s'appelle "nation". A l'origine c'était un groupe d'étudiants venant d'une même région. Il y a par exemple la "Lunds Nation" et la "Malmö Nation", parmi une dizaine
d'autres.
Contrairement à la France, l'adhésion à une de ces nations est obligatoire pour tous les étudiants (sauf les étrangers).
Chaque nation à ses locaux quelque part dans l'université, et propose diverses activités. Elles offrent toutes la possibilité de manger, car il n'y a pas vraiment de restaurant universitaire sur le
campus. Elles disposent toutes d'équipe de sport (surtout football et voleyball), et permettent la pratique d'autres disciplines. Elles disposent également de clubs (boîtes de nuit) dans leurs
locaux, aux orientations musicales diverses et variées (du metal/rock à l'électro/techno, en passant par les années 80), et organisent également des sorties dans les pubs de la ville. Chaque nation
à ensuite sa propre façon de se distinguer. Comme dans nos AE, les étudiants peuvent faire du volontariat afin de travailler à la nation, et en échange, ils peuvent manger gratuitement une fois
dans la semaine.
De ce fait, il y a pratiquement une soirée tous les soirs, il suffit d'être bien informé et de savoir dans quelle nation elle a lieu.
Il y a tout plein de français à Lund
Partout, partout, on entend parler français. C'est à croire que ce sont les seuls étrangers qui viennent à
Lund. En plus, les suédois sont heureux de balbutier quelques mots en français quand ils nous entendent parler. Bon, il y a aussi beaucoup d'allemands, et malheureusement, j'en ai pas encore trouvé
un seul connaissait
Alex C., j'aurais pourtant bien mis une pièce sur un allemand qui était une copie conforme d'un grand
blond aux cheveux longs qui kiffe lui-même Alex C.
Un cliché, c'est vrai. C'est pour ça que c'est un cliché
Oui, les chinois sont toujours au premier rang.
Bon, j'exagère un peu : il y en a aussi au deuxième rang, quand il n'y a plus de place au premier rang.
Les informaticiens sont (presque) tous des gens bizarres, couplés avec des gros geeks.
Tout d'abord, de toutes les guildes qui étaient présentes pour nous faire visiter les lieux, la D-Guild (comprenez par là, la guilde des informaticiens) était la seule à ne pas revêtir les
combinaisons de mécano et les bérets de marin.
Ensuite, les autres étudiants étrangers de la guilde. A part quelques exceptions, ils ne sont pas très causants. On retrouvera néanmoins le gros geek qui lance le débat Windows/Linux au bout
d'environ 1 minute, le même qui a failli faire un malaise à l'approche des salles Windows (un peu comme Superman au contact de la kryptonite...).
Le point culminant de la visite ayant été sans nul doute le local de la D-Guild, qui pour l'occasion était investi d'une dizaine de geeks chevelus et barbus jouant à des jeux de plateau/rôle, mais
attention, pas les connus.
Il n'y a pas à dire, les autres ingénieurs, et encore plus les autres étudiants, sont nettement plus sympa. Parceque bon, les blagues sur le WiFi et les micro-ondes ça va 30 secondes, mais
après...
Et on revient encore sur les chinois. Un chinois, ça mange du riz.
Ah non, c'est pas celui la.
Un chinois, ça bosse dur.
Parmi le petit groupe de 10 étudiants ayant visité les locaux avec la D-Guild, il y avait
un chinois. Celui-ci semblait très préoccupé de savoir s'il pouvait travailler à n'importe quelle heure à l'école (oui !! 24/7 trop bien !!), et rien qu'à voir son emploi du temps surchargé (6-8
heures de cours par jour), j'ai eu bien de la peine pour lui en le comparant au mien (10 heures... par semaine).